Protéger les salariés contre la crise en limitant les impacts de celle-ci sur l’emploi, c’est l’objectif économique que fixe désormais le Président de la République alors que la mi-mandat a désormais été dépassée. Mais c’est surtout aux jeunes qu’il a lancé l’appel du pied le plus visible dans les axes de politique économique qu’il a cité devant les Français. Soucieux de rappeler le bilan jugé très positif du gouvernement Edouard Philippe en matière d’apprentissage et ce jusqu’à l’arrivée de la pandémie, Emmanuel Macron a souligné qu’il ne cèderait pas un pouce de terrain sur cet axe prioritaire, annonçant encore un dispositif exceptionnel d’exonération de charges pour l’emploi des jeunes jusqu’à 1,6 SMIC et la création de 300 000 contrats d’insertion supplémentaires au profit des jeunes les plus éloignés de l’emploi, ainsi que des efforts importants en matière de formation, avec l’ouverture de 200 000 places dans les formations qualifiantes supérieures pour permettre la poursuite provisoire des études.

Interrogé sur ses intentions en matière écologique, le Président s’est montré très ferme sur sa volonté que le futur plan de relance économique place les préoccupations environnementales en bonne place, vantant les mérites à attendre selon lui du maintien de la prime pour la rénovation des logements, ainsi que ceux du lancement prochain d’un grand programme de rénovation des bâtiments publics.

L’intervention d’Emmanuel Macron hier pourrait faire date. Sans doute moins parce qu’elle renoue avec un rituel politique imaginé par Valéry Giscard d’Estaing il y a déjà quarante-six ans, et qu’elle est ainsi la première depuis celle consentie par son prédécesseur François Hollande le 14 juillet 2016 – recadrant à cette occasion son ministre de l’Economie, un certain Emmanuel Macron. Mais surtout parce que l’ancien leader d’En Marche s’y est livré à un véritable acte de contrition en début d’interview, admettant notamment qu’il n’avait pas su rétablir la « confiance » ni réconcilier (tous) les Français avec ses réformes. Cette prise de parole publique se situe, enfin, à un moment triplement charnière, sur le plan politique (celui de la mi-mandat), sanitaire (avec la pandémie de covid-19 toujours en cours) et tout particulièrement économique, avec une crise qui menace désormais de jeter dans les rues des centaines de milliers de Français, privés d’emplois, et de retarder par conséquent des ajustements structurels aussi indispensables (à l’instar des Retraites) que difficiles à digérer, alors que beaucoup de nos compatriotes éprouvent pour l’instant un sentiment de fragilité, de lassitude, voire de désespoir prononcé pour les plus éloignés de l’emploi d’entre eux.

Protecting employees from the crisis by limiting its impact on employment is the economic objective now set by the President of the Republic, while the mid-term has now been exceeded. But it was above all to young people that he made the most visible appeal in the economic policy axes he cited before the French. Anxious to recall the Edouard Philippe government’s very positive record on apprenticeships until the arrival of the pandemic, Emmanuel Macron stressed that he would not give up an inch of ground on this priority axis, announcing yet another exceptional scheme to exempt young people from employment up to 1.6 SMIC and the creation of 300,000 additional integration contracts for the benefit of young people furthest from employment. , as well as significant training efforts, with the opening of 200,000 places in higher qualifying courses to enable the provisional continuation of studies.

When asked about his ecological intentions, the President was very firm about his desire that the future economic recovery plan put environmental concerns in a prominent position, extolling the merits to be expected from the maintenance of the premium for the renovation of housing, as well as those of the upcoming launch of a major programme of renovation of public buildings.

Emmanuel Macron’s speech yesterday could be a landmark. Probably less so because it is returning to a political ritual imagined by Valéry Giscard d’Estaing forty-six years ago, and is thus the first since the one granted by his predecessor François Hollande on 14 July 2016 – reframing on this occasion his Minister of the Economy, a certain Emmanuel Macron. But above all because the former leader of En Marche engaged in a real act of contrition at the beginning of the interview, admitting in particular that he had not been able to restore “confidence” or reconcile (all) the French with his reforms. This public speaking is, finally, at a triple-turning moment, in terms of political (mid-term), health (with the pandemic of Covid-19 still under way) and especially economic, with a crisis that now threatens to throw into the streets hundreds of thousands of French people, deprived of jobs, and therefore delay structural adjustments as essential (like the Pensions) as difficult to digest , while many of our compatriots feel for the moment a feeling of fragility, weariness, even pronounced despair for those furthest from the employment of them.